Je sors la tête hors de l’eau.
J’ai arrêté d’écrire un peu partout, me suis forcée à écrire ailleurs. Pour ne pas perdre le fil. Mon fil.
Je déménage encore, pour ne pas voir mes écrits disparaitre d’un coup de pinceau via free. Et comme je suis dans une phase où je remonte la pente, je suis pas encore à même de décider si je vous donne ou non l’adresse, je n’arrive même pas à faire ça.
Bientôt donc.
Bientôt, parce que pour l’instant, je suis dans une phase timide ; pas facile de se dévoiler si profondément, aux gens qui nous connaissent de proche. Cela me gêne et rapidement, je n’écris plus du tout ce qui fait que je suis moi. Donc.. je ne sais pas où je mets les pieds pour l’instant.
De même, une fois là-bas, je ne peux pas promettre de ne pas repartir encore, je suis navrée. Peut-être ma psychose/névrose/machin-truc a-t-elle décidé de me compliquer la vie essentiellement sur mon instabilité blogesque, mais sans vouloir vous vexer, je préfère que cela soit ainsi plutôt que dans la vie plus réelle que des pixels.
Je viens seulement de réaliser que les troubles borderline/bi-polaires dont je souffre, ce n’était pas uniquement de temps en temps quand il m’arrive de replonger (comme pour les TCA) ; non, je me rends compte que je le suis au jour le jour, avec une certaine stabilité/instabilité, et que parfois je déborde franchement dans un sens ou un autre.
Mais borderline, je le suis à chaque instant de ma vie. D’une minute à l’autre je suis quelqu’un d’autre, avec d’autres émotions. Je le suis quand j’ai du mal à retourner dans une boutique, je le suis quand j’ai du mal à répondre au téléphone ou à sortir de chez moi, je le suis quand j’invite des gens et que soudain je voudrais qu’ils ne viennent pas, je le suis quand je suis épuisée et que je me transforme d’un coup en tornade ménagère.
Cela me complique l’existence, mais je finis toujours par remonter donc ce n’est pas si grave que ça non plus. Mais je comprends mieux mes éparpillements sur le net, ou dans ma vie, je comprends mieux pourquoi un jour je couds et pas le lendemain, pourquoi un jour je me sens bien et un autre je me trouve si peu douée (très très nulle?) pour ce que j’entreprends, pourquoi je peux parfois écrire des mails si longs et une heure après ne plus être capable de répondre aux gens. Je n’arrive pas à me cerner, parce que je ne suis pas cernable, simplement.
Et pour l’instant, je ne sais pas ce que je veux.
Ma prise de conscience est dans ce qui je suis, et dans ce flou total sur ce que je veux faire.
J’ai tué mon énième clavier.
J’ai testé le coca, le thé plusieurs fois, de l’eau de temps en temps, et cette fois un fond de muscat. Je peux donc dire sans conteste qu’un clavier est sujet à la noyade très facilement. Pas la peine de gâcher un verre, quelques gouttes suffisent amplement. Bien que n’ayant pas testé le café, je crois également pouvoir dire que n’importe quel liquide convient.
J’ai donc un nouveau clavier, noir, ergonomique, résistant à l’eau, qui a une touche d’appel de la calculatrice, qui contrôle le son, mais qui ne réchauffe pas mon thé. Le tout pour 24 euros.
Pour ce faire, j’ai du sortir de chez moi, et ce ne fut pas chose aisée.
Depuis que samedi, j’ai fait une crise de panique dans le tramway (les contrôleurs n’ont pas pu rentrer, si ça peut vous donner une idée du bétail des humains entassés, grève oblige).
Je suis ressortie sans air, tremblante, angoissée..
Depuis, sortir m’est plus difficile.
Mais à cette occasion, j’ai tout de même appris que les claviers résistants à l’eau ne le sont pas tant que ça, et que ceux là sont de mauvaise qualité donc on finit par en racheter un rapidement. Conclusion du charmant vendeur à la Fenak, le premier prix est le meilleure achat. J’ai tout de même choisi le second prix, parce que je ne sais plus vivre sans avoir le son sur le clavier..
Je suis une angoissée qui a du mal sortir de chez elle, mais c’est pas grave, je peux communiquer avec le monde.
C’est bien, la technologie.
Hier, j’ai créé un blog ailleurs. Sous le prétexte de regarder pour Blanche, j’ai voulu faire une note test.
A défaut de note test, j’ai écrit.
J’ai écrit..
Les mots sont venus un peu par hasard, un peu mélangés, un peu maladroits. Je peux faire mieux, ce matin j’ai fait mieux. J’ai tant de choses à dire que je m’étonne de ne pas m’être étouffée avec.
Je suis à la fois heureuse et inquiète. J’ai toujours écrit en phase descendante ou ascendante de la maniaco-dépression, dans ces moments où j’étais sûre de savoir voler sans m’écraser et dans ceux où j’étais sûre de savoir voler et de m’écraser. Que ce soit dans l’euphorie d’une énergie dévorante ou dans l’inertie d’une angoisse profonde, j’ai toujours écrit.
C’est après, que j’ai arrêté.
Quand j’ai su me stabiliser, quand enfin j’ai pu vivre sans avoir peur de ce qui pouvait se passer dans les 30 minutes qui allaient venir.
Oh, j’ai toujours des petits troubles, des petits hauts et bas qui maintiennent mon alerte vaguement, pour ne pas oublier qu’à tout moment je peux disjoncter. Comme lorsque j’étais enceinte.
Je peux toujours sombrer. La folie, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas.
Et là, j’ai écrit.
L’inspiration à déborder, doucement. J’ai peur d’en être trop heureuse et de m’envoler. Alors j’essaye de le prendre comme quelque chose qui revient tranquillement, que je ne dois pas bousculer.
Et comme je ne sais pas ce qui l’a déclenché, je n’ose pas pour l’instant, vous en donner l’adresse. J’ai peur en étant lue, de retomber dans mon silence..
Mon téléphone fixe sonne. Le numéro est caché, j’ai déjà sorti les griffes avant même d’entendre ce qu’on a à me dire. Je ne suis pas de bonne humeur. Je crois.
- Bonjour. Dans le cadre blablabla vous zavez droit à un téléphone nokia blabla
Evidemment elle m’en laisse pas placer une, même pas un « bonjour» de politesse en réponse au sien.
Evidemment, je la coupe en plein élan.
- Comment avez vous eu mon numéro de téléphone ?
Léger blanc, elle rembobine, le bonjour en moins.
- Dans le cadre blabla..
- Vous ne répondez pas à ma question là. Je suis sur liste rouge, comment avez-vous obtenu mon numéro de téléphone ?
Grand blanc. Ça doit chauffer, mais à vide, parce que l’imbécile me répond finalement se sentant légitimement en droit de m’emmerder :
- Vous n’avez pas à me le demander, il s’agit de bla..
- Vous vous foutez de moi ?? Veillez ne pas me rappeler, au revoir madame !
Pincez-moi je rêve..
Free vient de détruire sans sommation, pour causes de « statistiques» recueillies (j’avoue, que celle-là, je m’y attendais pas), la BDD mysql du site/blog de Blanche. J’ai demandé bien sûr une remise en route de la bête, mais si c’est effectivement détruit, le blog a donc disparu avec. C’est tout de même la seconde fois (pour une autre raison), et il prévienne (cette fois) gentiment à l’avance qu’à la 3èm ils détruisent le site définitivement.
Ce qui me pend donc au nez, car figurez-vous, s’dingue, j’ai un widget de stats. Le même que Blanche. Avec en prime les stats de google ah ah.
Et on évitera de parler du fait que depuis 3 jours, free déconne : mon blog fonctionne environ 1h par jour.
Nous réfléchissons à diverses solutions, dont toutes sont le départ de free vers un ailleurs plus verdoyant. Les options sont :
-retourner à 20six (après tout, eux, n’ont perdus QUE 6 mois de blogs et encore, sans le faire exprès, mais j’avoue ne pas avoir du tout envie de ça)
- se rendre sur wp n’est plus envisageable depuis qu’ils y mettent de la pub en plein milieu des posts, mais y’en a d’autres non ?
- se pencher sur le cas des hébergements payants
J’avais pas vraiment que ça à faire ces temps-ci.
J’ai un petit garçon très angoissé, des horaires yo-yo, un état grippal qui m’assomme, un mari grognon car malade (plus que moi d’ailleurs), de la couture en veux-tu en voilà, des courses que je repousse depuis samedi (plus repoussables cette fois) et je parlerai pas de la maison (les crises d’asthmes depuis 2 semaines me disent à quel point il serait temps de passer l’aspirateur, le balai ne suffit plus) et aussi des cours de surjeteuse à prendre, et je n’ose pas me pencher sur tous les mails en retard. Et puis au milieu de tout ça, je compte bien un beau jour, dès qu’on aura un moment, trainer mon mari vers le lit conjugal.
Non vraiment, j’étais déjà bien occupée.
Je triche pour encore une semaine ; j’ai planifié des posts sur le blog de cuisine, que j’ai en fait mis il y a quelques soirs de ça. J’ai du sentir que j’allais bientôt décliner et ne plus rien faire. Plus l’envie de quoi que ce soit, sinon celle de m’endormir.
Toujours ce besoin de fuir qui revient, assez souvent.
Dès que je ne suis plus en accord avec moi-même, simplement.
Et je ne le suis pas.
J’appréhende le mois de février, où je vais voir mon fils par intermittence, de temps en temps, inch’allah. Dont une journée particulière où je suis censée faire, où je vais faire 9h30-19h. Rien que d’y penser, je m’enfonce. Que la maman voit ses enfants entrecoupés de voyages m’est difficilement appréhendable, mais c’est son choix. Ne plus voir le mien comme je l’ai décidé au préalable n’est pas le mien et j’en souffre. Qu’on ne me dise pas que c’est le cas de toutes les mamans, que les choses sont ainsi : ce n’est pas le chemin que j’ai choisi. Nous avons certes peu d’argent à la maison, mais cela me permet d’être, habituellement, disponible pour mon enfant. Je n’ai aucun problème avec le fait de bosser en journée, mais ça ne va plus quand je rentre entre 19h30 et 20h30.
Ajoutons à cela que mon fils depuis quelques temps, à décidé de bien me faire comprendre que la situation ne lui convenait pas, en me boudant (soir y compris, il ne veut de moi ni pour le coucher, ni pour le rassurer, ni même pour le consoler), mon cœur explose et je m’effondre. Nous faisons régulièrement des tentatives l’un et l’autre de réconciliations, qui échouent lorsque je pars de la maison sans lui.
Si quelqu’un, sans enfants, cherche un travail de nounou, ma place est à lui/elle.
Je découvre un blog, j’aime l’écriture.
On ne s’attend jamais à tomber. Encore moins finalement, à ne pas tomber.
Le choc est comme engourdi, lointain, atténué. La douleur est présente, mais lente, esquissée. Comme entourée d’un coton. Presque irréelle.
Il est là, sans l’être. C’est Lui, sans l’être. En vie dans une silhouette. Une coupe de cheveux. Une même blondeur. Jusqu’à la taille, trompeuse.
Trompeur jeune homme, trompeuse photo.
J’ai dépassé le temps des doutes, celui où j’aurais pu contacter l’auteur, celui où je me serais dit. Peut-être. Cet espoir insidieux d’une vie à deux, de ne pas avoir tenu ses cendres. De ne pas les avoir dispersées. Cette volonté de croiser le regard, de refuser l’évidence.
Je suis étonnée du peu de souffrance que je ressens. Du chemin parcouru. D’être si différente, en si peu d’années.
Je continue de fêter, tout bas, son anniversaire. De l’autre également. Mais étrangement cette année j’ai laissé passer la semaine dernière, une semaine jour pour jour, l’abandon définitif de son être qui m’accompagnait encore.
Je prends encore le train en entendant une simple chanson, je revois son sourire sur de simples notes de musique, la blancheur des murs, son odeur alors que nous n’étions pas encore ensemble. Je ne peux écouter Sting sans le voir lui. Je peux aller loin dans mes souvenirs, sur sa voix.
Tomber sur cette photo, c’est comme un petit rappel. De cet autre chemin que j’aurais pu avoir, de cette autre fille que j’étais, de la personne que je suis, de mon fils qui illumine ma vie. De tout ce chemin parcouru.
Je ne pleure plus depuis longtemps le petit-ami : je pleure l’homme, je pleure l’ami ; mais pour rien au monde, je ne repartirais en arrière, me ré-écorcher sur ce chemin. Contrairement au trente dernières années, j’aime ma vie, enfin.

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